Préambule.
Mata-i Anave est le nouveau nom de baptême de ce voilier, un Vindö 40 construit en 1976 par les chantiers Nötesunds AB en Suède. Il navigue aujourd'hui sur les eaux du lac Léman et à son port d'attache à Sciez, entre Genève et Thonon-les-Bains.
Matai Anave, nom tahitien, où toutes les lettres se prononcent, se traduit par "vent de longue durée"... C'est ce que nous souhaitons d'emblée à ce spendide bateau.

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L'histoire (résumée…) des bateaux Vindö.
En préambule, il faut déjà rappeler que dès le seizième siècle la construction navale occupe en Suède une place de choix… notamment dans la province de Bohuslän, sur l'île d'Orust. C’est en fait l’éclosion de la liberté du commerce maritime, en 1832, qui voit naître une demande croissante des navires de frêt : la richesse des Chantiers Navals d'Orust est alors consacrée. Mais très vite la fin du 19ième siècle amène de nombreux changements. Des bateaux à vapeur et à coque acier remplacent les bateaux à voile en bois, l’expansion du réseau ferroviaire suédois entraîne une réduction sensible du fret maritime… Les chantiers d'Orust sont alors contraints d’interrompre la construction des grands navires, avec pour corollaire la fermeture pure et simple de nombreux chantiers, ou dans le meilleur des cas, leur reconversion… C’est dans ce contexte que naît sur l'île, un petit peu plus tard, un certain Carl Andersson, au sein d'une famille qui construit des bateaux de pêche depuis deux générations. Fort de son environnement familial où une tradition et une fierté de qualité de production est scrupuleusement établie, Carl Anderson acquiert dans sa jeunesse une expérience complémentaire à Stockholm en tant que constructeur de bateaux. Parallèlement il trouve le moyen d’enseigner la navigation à voile au Royal Club Suédois de Navigation, institution qui prévoit déjà un fort développement de la navigation de plaisance… En 1926 Carl Anderson décide de revenir à Orust et de créer sa propre société: le chantier Nötesunds. La production est initialement, et essentiellement, destinée à des bateaux à vocation professionnelle. Pourtant ce sont les établissements Nötesunds qui sont les premiers à initier la construction d’embarcations de plaisance, à voile et à moteur, sur l'île d'Orust, au sein de leur chantier de Svineviken. C’est fort peu de temps après l’installation de cette nouvelle société Nötesunds que Carl Andersson, en naviguant pour aller rejoindre sa fiancée, passe devant l'île de Vindön et réalise que ce lieu était vraiment un emplacement idéal pour mettre sur pied un chantier naval. Il y achète un terrain quelques années plus tard et réalise son projet en y déplaçant son chantier, qui prendra le nom de Vindö dans les années 70-80 en hommage à sa nouvelle implantation. Détenteur d'une fierté professionnelle imprégnée depuis quelques générations, Carl Andersson veille à ce que l'engagement d'une qualité sans défaut soit tenu à chaque étape de la construction des voiliers et vedettes à moteur qui sortent du chantier. Il devient vite renommé dans les années 30 pour être un habile constructeur de bateaux de régate tels que les dragons, A22 et 5,5m, et des 'koster' suédois. La production du chantier se concentre toutefois sur la construction de yachts et de croiseurs à moteur, pour se diversifier un peu dans les années 50 en agrandissant la gamme des bateaux traditionnels. A partir du début des années 60, c'est le fils de Carl, Karl-Eric Andersson, ingénieur naval, qui assure la gestion du chantier en gardant à ses côtés son père qui détient l'expérience et supervise la planche à dessins. Avec l'assentiment de son fils, Carl Andersson souhaite alors traduire leur amour commun des bateaux en élaborant et donnant vie à un nouveau voilier de plaisance, à qui il donnera le nom de Vindö 28. C'est à cette époque que le chantier s'adjoint utilement les compétences de Christhoph Rassy, qui va créer son propre chantier quelques années plus tard. La gamme des voiliers Vindö se développe rapidement, et une dizaine de modèles voient le jour : 18, 22, 28, 30, 32, 40, 50, 65, 75 et 90 - le numéro correspondant à la surface de voilure. Vers la fin des années 60, l'utilisation de la fibre de verre permet d’augmenter la production de façon explosive. Et en 1976, l’année du cinquantième anniversaire de la société, les heureux propriétaires de Vindö viennent effectivement de partout dans le monde pour célébrer l’évènement… Vindö s’est réellement fait un « nom », au même titre que Ferrari ou Bentley… Au plus fort de l’activité, pendant les années 70, le chantier compte environ 50 employés. Carl est mort en 1979, un an avant la première faillite en 1980. Les coûts de production, impliqués par la nature et la qualité des matériaux, impliqués par les heures de main d’œuvre nécessaires à une qualité hors de tout reproche, ne correspondent hélas déjà plus aux exigences commerciales du marché de la plaisance qui se met en place. Un nouveau groupe de propriétaire essaie donc de moderniser la gamme sous l’égide du concepteur John Lindblom. Les faits étant têtus, une nouvelle faillite ne peut être évitée. Un autre repreneur essaie de lancer une nouvelle conception de bateaux avec une superstructure en plastique. Mais la marque Vindö a notamment construit sa réputation, entre autres, sur la mise en œuvre de superstructures en acajou : la nouvelle conception ne rencontre jamais le succès commercial escompté, même si les coûts devenaient plus abordables. Le chantier est vraiment et définitivement contraint d’arrêter la construction de bateaux. De nos jours il assure seulement les réparations et l'entretien. Pendant encore quelques années d’autres chantiers tentent de faire sous-traiter par Vindö l’aménagement l'intérieur de leurs bateaux, espérant recueillir ainsi sous leur propre logo une image de marque et une réputation inégalées. Des conditions économiques devenues de plus en plus difficiles par la libéralisation des marchés ne permet pas que cette orientation annexe s’avère pérenne. Assez rapidement, logiquement, le savoir-faire et l’extraordinaire qualité « Vindö » disparaissent. Aujourd'hui, l'île de Vindön reste un centre nautique honnête, avec quelques chantiers navals, de qualités diverses. On peut juste relever qu’en 1976, Ove Rexander, un agent de maîtrise du chantier Vindö, s’installe à son compte. Les bateaux issus de cette nouvelle production sont bientôt célèbres pour leurs excellentes qualités de navigation et leur finition élevée. L’entreprise d’environ 50 personnes devient l’une des industries les plus significatives sur l’île d’Orust, avec des bateaux vendus dans le monde entier. Elle se fit connaître sous le nom de « Regina af Vindö ». |